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LA FEDERATION DES SOCIETES INTELLECTUELLES DU TARN       (F.S.I.T.), de 1948 à nos jours

Dans le mouvement général de renouveau marquant la France de l'après guerre, l'idée de fédérer les sociétés intellectuelles du département naquit lors d'une excursion organisée dans l'Ouest du département le 29 juin 1947. La fondation fut réalisée le 8 février 1948 par 7 sociétés, relevant soit de la forme déjà ancienne des sociétés savantes, soit d'une forme plus récente de sociétés visant une plus large diffusion de la culture. Parmi ces 7 sociétés, cinq existent encore : Société des Sciences, Arts et Belles Lettres du Tarn (SSABLT), Société archéologique de Lavaur, Veillées Rabastinoises (fondées par Jean Vanel), Eveil Artistique Graulhétois et Société des Amis de Louisa Paulin. La SSABLT joua un rôle pionnier, sous l'impulsion de son président, Victor Allègre, professeur à Albi, qui allait devenir le premier président de la Fédération. La FSIT fut invitée à avoir son siège aux Archives Départementales par son jeune archiviste, Maurice Greslé-Bouignol, dont le rôle allait être essentiel dans la vie de la Fédération, jusqu'au début du XXIème siècle.

 

L'article 1 des statuts de la FSIT indique que celle-ci a pour but "de coordonner les efforts de tous ceux qu'attire l'étude ou la pratique des sciences et des arts", de "provoquer des échanges culturels entre les sociétés (…) et des contacts personnels entre sociétaires pour tout service d'ordre intellectuel", et aussi d'"intervenir pour la sauvegarde du patrimoine artistique, scientifique ou littéraire du Tarn". L'admission de nouvelles sociétés est très libéralement accordée, à la seule restriction que "les sociétés membres s'interdisent dans leurs rapports oraux ou écrits toute polémique politique ou religieuse". Le nombre des sociétés membres s'est accru régulièrement : déjà 16 en 1953, date à laquelle adhère la Société culturelle du pays castrais. 35 en 1986. Plus de cinquante dans la première décennie du XXIème siècle. Au total la FSIT rassemble aujourd'hui plus de 4000 personnes!

 

Le bureau de la FSIT (président, un ou plusieurs vice-présidents, secrétaire, trésorier) s'élargit en "conseil fédéral" avec les délégués des sociétés membres et en assemblée générale annuelle qui renouvelle le bureau tous les deux ans. Cette assemblée générale se tient dans toutes les parties du département, à tour de rôle. Elle est accompagnée en général d'une conférence, et de visites du patrimoine local. L'ensemble des activités de cette journée annuelle constitue ce qu'on appelle le "congrès". Les plus longues présidences de la FSIT ont été celles de Jean-Louis Fieu (1959-1978) et de Jean-Louis Biget (1983-2001).

 

Dès le départ, la FSIT chercha à créer une Revue. Ce ne put être réalisé qu'en 1956, sous l'impulsion de son nouveau président, Etienne Grillou, instituteur à Castres.  Elle adopta le nom de Revue du Tarn, renouant ainsi avec le nom usuel de la Revue du département du Tarn, créée en 1875 par l'archiviste départemental Claude Emile Jolibois, interrompue en 1914, et reprenant le nom et la présentation de la Revue du Tarn dirigée de 1935 à 1946 par Charles Bellet. La "troisième série" de la Revue du Tarn, démarrée le 15 mars 1956, n'a pas cessé jusqu'à nos jours. Elle adopta dès le début une périodicité trimestrielle et le principe d'une vente par abonnements et en kiosque. Le tirage est resté globalement stable, de 1000 à 1400 exemplaires par numéro. La Revue est dirigée par le président de la FSIT. Au début, Etienne Grillou s'adjoignit un secrétaire de rédaction, René Rouquier, qui resta en place après le brutal décès d'Etienne Grillou en 1959. Un comité de rédaction apparut en 1975 avec René Rouquier comme "rédacteur en chef", fonction à laquelle lui succéda Jean Roques en 1978, après l'accès de René Rouquier à la présidence de FSIT (1978-83), puis Robert Fabre en 1999. Le rédacteur en chef est membre du bureau de la FSIT.

 

Depuis 1948, les activités de la FSIT ont évolué, comme celles de chacune de ses sociétés membres. L'évolution sociale et culturelle, le rôle accru des institutions patrimoniales publiques, l'apparition d'un pôle universitaire à Albi ont changé le contexte de la recherche intellectuelle dans le Tarn. La demande d'organisation d'excursions, très forte au début, a cessé. Tout comme l'organisation de concours littéraires ou scientifiques (1949-56) et d'enquêtes départementales. Il y eut 8 enquêtes jusqu'en 1982, par exemple sur les châteaux, les mouvements de jeunesse et la culture locale, ou encore la presse périodique tarnaise.

 

Depuis 1956, l'édition de la Revue du Tarn apparaît comme le principal but éditorial de la Fédération. Mais d'autres éditions ont été faites, notamment celle du dictionnaire biographique Les Tarnais (1996), qui rend les plus grands services à tous ceux qui s'intéressent au Tarn. En 2007, la FSIT a co-édité avec la Fédération Historique Midi-Pyrénées (dont elle est membre) l'ouvrage intitulé L'industrie en Midi-Pyrénées de la Préhistoire à nos jours, dont plus de la moitié des articles concerne le Tarn.

 

La création d'un site Internet offre à la FSITune possibilité nouvelle d'accroître les liens entre les sociétés membres et son rayonnement sur l'extérieur. La réédition des numéros de la Revue du département du Tarn d'avant 1914, dont deux volumes avaient paru en édition papier à la fin des années 1990 est désormais accessible sur ce site, comme l'Index de l'actuelle Revue du Tarn depuis son origine.

 

Peu de départements ont su fédérer leurs sociétés intellectuelles. C'est une chance pour le Tarn que de posséder la FSIT. Et René Rouquier n'avait sans doute pas tort d'écrire en 1966 que la Revue du Tarn "a aidé à forger l'unité morale et intellectuelle de notre département".

Pour compléter ce bref historique, on trouvera de nombreux éléments dans le n° 200 de la Revue du Tarn. On peut aussi consulter les archives de la FSIT, sur demande auprès de la direction des Archives Départementales du Tarn
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